Soufre chez le cheval : besoins, sources et intérêt du MSM

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Le soufre est un nutriment essentiel au cheval, pourtant c’est probablement l’un de ceux dont on parle le moins en nutrition équine. Parfois oublié, son apport mérite pourtant de plus en plus d’attention, la teneur en soufre des fourrages pouvant être faible et ayant tendance à diminuer.

Une bande herbeuse.

à quoi sert le soufre dans l'organisme du cheval ?

Le soufre est un élément essentiel au fonctionnement de l’organisme du cheval. Il intervient dans de nombreuses réactions métaboliques et entre dans la composition de plusieurs molécules indispensables. Son rôle est notamment lié aux acides aminés soufrés, principalement la méthionine et la cystéine, qui participent à la fabrication des protéines. La cystéine permet notamment la formation de ponts disulfures, des liaisons qui donnent leur solidité et leur résistance à certaines protéines. C’est particulièrement important pour les tissus riches en kératine comme la corne, les poils et les crins.

Le soufre intervient également dans la structure et le fonctionnement des tissus conjonctifs, notamment au niveau du cartilage. Il entre dans la composition de certaines molécules comme les glycosaminoglycanes, qui participent à l’hydratation, à la structure et aux propriétés mécaniques des tissus articulaires. Il contribue donc, parmi de nombreux autres nutriments, au maintien de tissus conjonctifs et articulaires fonctionnels.

Son rôle est également important dans les défenses antioxydantes de l’organisme. La cystéine, grâce à son soufre, est notamment nécessaire à la synthèse du glutathion, l’un des principaux antioxydants intracellulaires. Celui-ci aide les cellules à faire face aux espèces réactives de l’oxygène produites naturellement par l’organisme mais dont la production peut augmenter lors de l’exercice, du vieillissement ou de certaines situations de stress physiologique. Le soufre participe ainsi indirectement au maintien de l’équilibre entre les processus oxydants et les systèmes de défense de l’organisme.

Le soufre intervient aussi dans différentes voies métaboliques du foie, notamment dans certaines réactions de transformation et d’élimination des molécules. Il participe par ailleurs à la synthèse de nombreuses protéines et molécules impliquées dans le fonctionnement des cellules immunitaires, ce qui contribue au maintien des défenses naturelles de l’organisme.

Enfin, le soufre prend une importance particulière lorsque les besoins de l’organisme augmentent, par exemple lors de la croissance, de l’effort physique ou des processus de renouvellement et de réparation des tissus. Il ne faut cependant pas considérer le soufre isolément : son utilisation par l’organisme dépend notamment de la disponibilité des protéines et des acides aminés, ainsi que de l’ensemble des autres nutriments nécessaires au bon fonctionnement du cheval.

OÙ LE CHEVAL TROUVE-T-IL LE SOUFRE DONT IL A BESOIN ?

Dans l’alimentation du cheval, le soufre est principalement présent sous différentes formes, naturellement associées à d’autres molécules.

La première source est constituée par les acides aminés soufrés, principalement la méthionine et la cystéine, présents dans les protéines des végétaux. Ils apportent à la fois des acides aminés indispensables à la fabrication des protéines et du soufre utilisable par l’organisme.

Le soufre est également présent sous forme de sulfates, notamment dans certains végétaux, dans l’eau et dans les compléments minéraux.

Enfin, le MSM constitue une source de soufre organique particulièrement intéressante. Présent naturellement en petites quantités dans certains végétaux, il peut être apporté directement sous forme de complément. Il permet ainsi d’apporter du soufre (environ 34 g de soufre pour 100 g de MSM) sans avoir à mobiliser les acides aminés soufrés pour en récupérer le soufre.

Attention cependant : le MSM ne remplace pas la méthionine. La méthionine reste un acide aminé indispensable au cheval et remplit de nombreuses fonctions qui vont bien au-delà de son apport en soufre. Il est donc important d’apporter de la méthionine à son cheval, même si ses besoins en soufre semblent couverts (entre 5 et 10 g par jour pour un cheval de 500 kg, selon son niveau d’activité, son stade physiologique, etc.).

Et dans les fourrages ?

Foin coupé, prêt à être mis en ballots.

Les fourrages constituent la principale source de soufre de la ration. Cependant, leur teneur peut varier considérablement selon le type de fourrage, les espèces végétales, le sol, les conditions de culture et de récolte.

Nos analyses de fourrages récentes illustrent bien cette variabilité. Sur les analyses 2026, la teneur en soufre variait de 0,70 à 2,45 g/kg de matière sèche, avec une moyenne de 1,40 g/kg de matière sèche et une médiane de 1,23 g/kg.

Concrètement, pour un cheval de 500 kg consommant 10 kg de matière sèche de fourrage par jour, cela représente en moyenne environ 14 g de soufre par jour.

La teneur en soufre est également en partie liée à la teneur en protéines du fourrage, puisque les principaux acides aminés soufrés sont présents dans les protéines. Un fourrage pauvre en protéines peut donc également apporter moins de soufre sous cette forme.

Ces chiffres montrent surtout une chose : l’apport en soufre peut varier fortement d’un fourrage à l’autre. C’est pourquoi, comme pour les autres nutriments, l’analyse du fourrage est la meilleure façon d’évaluer ce que la ration apporte réellement.

Les besoins d’un cheval de 500 kg à en maintenance sont d’environ 15 g de soufre par jour.

Ces besoins peuvent toutefois varier selon le cheval et son mode de vie et peuvent notamment être plus importants chez :

  • Les chevaux de sport, pour lesquels l’activité physique augmente le renouvellement musculaire, la synthèse des protéines et les besoins de récupération. Les besoins peuvent être supérieurs de quelques grammes par jour.
  • Les chevaux âgés, chez lesquels l’utilisation des nutriments et la synthèse des protéines peuvent être moins efficaces. Une attention particulière peut donc être portée à la qualité et à la couverture des apports protéiques et soufrés.
  • Les juments en lactation, qui peuvent voir leurs besoins augmenter de 3 à 4 g pendant cette période.
Un sabot avec une carence en soufre.
Une carence en soufre peut notamment se traduire par une altération de la qualité de la peau, du poil, des crins ou de la corne du sabot – pour ce qui est des signes visibles. Cependant, ces signes sont loin d’être spécifiques : ils peuvent également être liés à un apport insuffisant en protéines ou en acides aminés, à un déséquilibre en cuivre/zinc,  etc.
 
Au niveau du sabot, de petites stries verticales, fines et peu profondes, presque superficielles, peuvent notamment être observées lorsque les apports en soufre sont insuffisants. Il ne s’agit pas de véritables seimes : ces stries sont beaucoup plus fines et superficielles, comme on peut le voir sur la photographie ci-dessous.
Une bande herbeuse.
Les besoins nutritionnels du cheval sont ils remplis par le foin 2026 ?

LE MSM : QUAND ET COMMENT L'UTILISER ?

Une source de soufre organique

Le MSM (méthylsulfonylméthane) est un composé naturellement présent dans l’environnement et les organismes vivants. Il contient du soufre sous une forme organique et constitue ainsi une source de soufre facilement disponible.

On retrouve naturellement du MSM en petites quantités dans certains végétaux. 

Le MSM présente plusieurs caractéristiques intéressantes en complémentation. Il s’agit d’une molécule stable, soluble dans l’eau et relativement neutre en goût et en odeur, ce qui facilite son utilisation chez le cheval.

Le soufre qu’il contient est sous une forme organique pouvant être utilisée par l’organisme pour participer aux différentes fonctions nécessitant du soufre.

Après ingestion, le MSM est rapidement absorbé au niveau digestif et reste disponible dans l’organisme pendant plusieurs heures, ce qui permet un apport régulier de soufre au cours de la journée.

Comprendre ses rôles et son intérêt chez le cheval

Les intérêts potentiels du MSM découlent principalement de son rôle dans les défenses antioxydantes, le métabolisme des tissus et la régulation de certaines réponses inflammatoires. Voici les principaux domaines dans lesquels son utilisation peut présenter un intérêt chez le cheval : 

  • Défenses antioxydantes et équilibre inflammatoire

Le MSM apporte du soufre organique, utilisé par l’organisme dans différentes voies métaboliques, notamment celles impliquées dans la production de glutathion, un antioxydant majeur des cellules. Il pourrait ainsi contribuer au maintien des défenses antioxydantes de l’organisme et à l’équilibre des réponses inflammatoires.

Cet intérêt peut être particulièrement pertinent lorsque les besoins sont augmentés, par exemple lors d’un effort important, d’une période de récupération ou d’un stress physiologique.

  • Confort et fonctionnement articulaire

Le soufre intervient dans la structure de nombreuses molécules présentes dans le cartilage et les tissus conjonctifs.

Le MSM pourrait également participer à la modulation de certaines voies impliquées dans la réponse inflammatoire. Ces propriétés expliquent son intérêt potentiel pour contribuer au confort articulaire et au maintien des tissus articulaires.

  • Cheval de sport

L’exercice intense augmente les besoins liés au renouvellement musculaire, au stress oxydatif et aux processus de récupération.

Quelques études réalisées chez le cheval suggèrent que le MSM pourrait contribuer à limiter certaines réponses oxydatives et inflammatoires associées à l’effort.

  • Peau, poils et crins

La peau, les poils et les crins sont riches en kératine, une protéine dont la structure repose notamment sur des liaisons entre acides aminés soufrés.

En apportant du soufre organique, le MSM pourrait donc contribuer aux processus de renouvellement et de formation des tissus riches en kératine.

Cet intérêt concerne notamment la qualité de la peau, du poil et des crins, même si celle-ci dépend également de nombreux autres facteurs nutritionnels et environnementaux.

  • Et concernant la fonction respiratoire ?

Le MSM possède des propriétés antioxydantes et pourrait théoriquement présenter un intérêt dans les situations où les voies respiratoires sont soumises à un stress oxydatif ou inflammatoire.

Une bande herbeuse.

Notre objectif avec ces articles est de rendre les notions de nutrition et de physiologie accessibles au plus grand nombre, sans pour autant simplifier à l’excès les données scientifiques. Nous essayons donc de distinguer ce qui est bien établi de ce qui reste encore à étudier.

La bibliographie complète est disponible juste en dessous pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin dans la lecture des sources scientifiques.

Et bien sûr, si vous avez une question sur le soufre, le MSM ou son intérêt pour votre cheval, nous sommes là pour vous répondre. N’hésitez pas à nous contacter !

Références bibliographiques :

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Marañón G, Muñoz-Escassi B, Manley W, García C, Cayado P, de la Muela MS, Olábarri B, León R, Vara E. The effect of methyl sulphonyl methane supplementation on biomarkers of oxidative stress in sport horses following jumping exercise. Acta Vet Scand. 2008 Nov 7;50(1):45. doi: 10.1186/1751-0147-50-45. PMID: 18992134; PMCID: PMC2586020 (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18992134/).

Nakhostin-Roohi B, Niknam Z, Vaezi N, Mohammadi S, Bohlooli S. Effect of single dose administration of methylsulfonylmethane on oxidative stress following acute exhaustive exercise. Iran J Pharm Res. 2013 Fall;12(4):845-53. PMID: 24523764; PMCID: PMC3920715 (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24523764/).

Withee ED, Tippens KM, Dehen R, Tibbitts D, Hanes D, Zwickey H. Effects of Methylsulfonylmethane (MSM) on exercise-induced oxidative stress, muscle damage, and pain following a half-marathon: a double-blind, randomized, placebo-controlled trial. J Int Soc Sports Nutr. 2017 Jul 21;14:24. doi: 10.1186/s12970-017-0181-z. PMID: 28736511; PMCID: PMC5521097 (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28736511/).

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