Prébiotiques, probiotiques, quelles sont les différences et pourquoi ont-ils une importances dans l’alimentation et l’organisme du cheval ?
Les prébiotiques sont des substances non digestibles par le cheval mais utilisables par certaines bactéries bénéfiques du microbiote. Parmi les plus connus figurent les fructo-oligosaccharides (FOS), les mannan-oligosaccharides (MOS) ou certaines fibres fonctionnelles.
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants administrés en quantité adéquate afin d’exercer un effet bénéfique sur l’hôte. Chez le cheval, les probiotiques les mieux documentés sont certaines souches de Saccharomyces cerevisiae, une levure couramment appelée « levure de bière ».
les fructo-oligosaccharides (FOS), prébiotiques courant pour le cheval
Parmi les prébiotiques les plus utilisés en nutrition équine figurent les fructo-oligosaccharides (FOS), une famille de glucides naturellement présente dans certains végétaux. Le cheval ne possède pas les enzymes nécessaires pour les digérer dans l’intestin grêle. Ils arrivent donc intacts dans le gros intestin où ils peuvent être fermentés par certaines populations bactériennes du microbiote.
L’objectif des FOS n’est pas d’apporter directement des micro-organismes vivants comme le ferait un probiotique, mais plutôt de fournir un substrat fermentescible à certaines bactéries bénéfiques déjà présentes dans l’intestin. Ils contribuent ainsi à soutenir l’équilibre du microbiote et la production d’acides gras volatils, la première source d’énergie pour le cheval.
Le rôle des levures dans l'organisme du cheval
La levure de bière : probiotique, prébiotique, ou aucun des deux ?
Lorsqu’on parle de levure de bière en nutrition équine, il s’agit de la levure Saccharomyces cerevisiae, un micro-organisme utilisé dans la fabrication du pain, de la bière ou encore du vin. Cependant, derrière le terme « levure de bière » se cachent en réalité des produits très différents :
- Les levures inactivées ou mortes, qui ne possèdent plus d’activité fermentaire : elles sont principalement utilisées pour leur apport en protéines, vitamines du groupe B, bêta-glucanes et mannan-oligosaccharides (MOS)
- Les levures vivantes ou actives, qui restent viables après leur fabrication et sont utilisées comme probiotiques. Les produits les plus documentés reposent sur des souches sélectionnées et standardisées, dont la viabilité est préservée grâce à des procédés de fabrication spécifiques leur permettant de résister au stockage, à certaines contraintes technologiques et au passage dans le tube digestif. Leur objectif est d’interagir avec le microbiote et l’environnement digestif afin de soutenir la digestion et l’équilibre intestinal
Comment savoir si un produit contient une levure vivante ou une levure inactivée ?
L’étiquette peut donner plusieurs indices :
- La présence d’une concentration en UFC (Unités Formant Colonies) est généralement le signe qu’il s’agit d’une levure vivante. Les UFC correspondent au nombre de micro- organismes capables de se multiplier.
- La mention d’une souche précise comme Saccharomyces cerevisiae CNCM I-4407 (4b1702), qui indique qu’il s’agit d’un probiotique à base de levure vivante.
- La présence dans la rubrique « Additifs » constitue également un indice important. Les levures vivantes autorisées comme probiotiques disposent d’un numéro d’autorisation européen spécifique. Chez les chevaux, les références les plus couramment rencontrées sont notamment 4b 1702, 4b 1704 et 4b 1711, correspondant à des souches sélectionnées de Saccharomyces cerevisiae.
- À l’inverse, lorsqu’une étiquette mentionne simplement « levure de bière », « levure de bière inactivée », « produits de levure » ou « Saccharomyces cerevisiae » dans la liste des matières premières, sans indication d’UFC ni de souche spécifique, il s’agit le plus souvent d’une levure inactivée/morte utilisée pour ses apports nutritionnels ou pour les composants de sa paroi cellulaire (bêta-glucanes, MOS, etc.), pas pour ses capacités fermentaires.
Comment agissent les levures vivantes dans le système digestif du cheval ?
Les levures vivantes et les prébiotiques n’agissent pas de la même manière mais peuvent être complémentaires. Les levures modifient l’environnement digestif et soutiennent certaines populations microbiennes, tandis que les FOS servent de nourriture privilégiée à une partie du microbiote.
Les bénéfices observés proviennent plus d’une interaction de la levure avec l’environnement intestinal que d’une installation permanente.
- Soutien des bactéries qui digèrent les fibres : les bactéries responsables de la digestion des fibres sont essentielles à la santé du cheval. Les levures vivantes favorisent leur activité et leur développement, ce qui améliore la valorisation des fourrages et la digestibilité globale de la ration
- Stabilisation du milieu digestif : les levures contribuent à limiter certaines variations importantes du milieu intestinal, notamment les fluctuations de pH susceptibles de perturber l’équilibre microbien
- Consommation de l’oxygène résiduel : les bactéries cellulolytiques qui dégradent les fibres ne peuvent se développer qu’en l’absence d’oxygène (anaérobie stricte). Les levures consomment l’oxygène résiduel présent dans le milieu digestif, favorisant ainsi les conditions nécessaires à ces bactéries
- Limitation de certains micro-organismes indésirables : les composants de la paroi cellulaire de la levure, notamment les MOS, peuvent limiter la capacité de certains pathogènes à adhérer à la muqueuse intestinale
- Liaison avec certaines toxines : les bêta-glucanes et d’autres constituants de la paroi de levure peuvent interagir avec certaines toxines produites par des micro-organismes ou présentes dans les aliments, contribuant ainsi à réduire leurs effets délétères sur le microbiote.
- Soutien des défenses naturelles : le tube digestif joue un rôle majeur dans le fonctionnement du système immunitaire. Plusieurs travaux suggèrent que certains composants de la levure, notamment les bêta-glucanes, peuvent interagir avec les cellules immunitaires présentes au niveau intestinal et contribuer à la modulation de certaines réponses immunitaires. Cette propriété explique également l’utilisation de bêta-glucanes purifiés dans certains compléments destinés au soutien des défenses naturelles.
Les bénéfices observés dans les études sont associés à des niveaux d’incorporation et à des durées d’utilisation spécifiques. Le respect des recommandations des fabricants est primordial pour espérer reproduire les effets décrits dans la littérature scientifique.
Pour la souche utilisée dans nos compléments, les recommandations du fabricant sont de 5 à 10 g par jour chez les poulains, chevaux et poneys adultes, de 10 g par jour chez les chevaux de sport et jusqu’à 15 g par jour chez les juments gestantes ou allaitantes. Les effets rapportés dans les études sont généralement observés après des périodes de supplémentation de plusieurs semaines.
La dose recommandée de Harmonie Flore’Protect est donc 20 g par jour, soit un apport de 10 g de probioiques et de 10 g de prébiotiques. Nous recommandons généralement de privilégier une durée de cure adaptée plutôt qu’une augmentation importante des doses, les effets des prébiotiques et des levures vivantes étant principalement observés dans le cadre d’une utilisation régulière et prolongée.
Pour quels chevaux faut-il envisager les prébiotiques ou probiotiques ?
Tous les chevaux possèdent un microbiote dont l’équilibre mérite d’être préservé. Pourtant, cet écosystème est constamment soumis à des perturbations : changements alimentaires, stress, transport, entraînement intensif, vieillissement ou encore excès de sucres et amidons peuvent modifier sa composition et son fonctionnement.
En effet, les levures peuvent contribuer à une meilleure valorisation de la ration durant une période où les besoins nutritionnels augmentent fortement. Dès le premier mois de lactation, les besoins énergétiques d’une jument dépassent de 90 % ceux de la maintenance, tandis que les besoins en protéines peuvent être supérieurs de plus de 140 %. Du côté du poulain, la croissance constitue elle aussi une période particulièrement exigeante sur le plan nutritionnel.
Les besoins énergétiques atteignent un maximum vers 18 mois de vie et restent largement supérieurs à ceux d’un cheval adulte à l’entretien (+ 115 %), tandis que les besoins protéiques culminent aux alentours de 12 mois, où ils peuvent dépasser de plus de 130 % les besoins d’un adulte en maintenance.
Conclusion
L’objectif n’est pas pour autant de multiplier systématiquement les apports en concentrés, mais avant tout de s’assurer que la jument et le jeune en croissance disposent d’un fourrage de très bonne qualité, distribué en quantité suffisante, et qu’ils sont capables d’en tirer le meilleur parti possible. Chez la jument allaitante, bien valoriser sa ration revient également à mieux nourrir son poulain, puisque les nutriments qu’elle utilise servent aussi à la production du lait qui soutient sa croissance durant les premiers mois de vie.
