Foin 2026 : le baromètre qui permet de tout savoir sur la qualité (et les défauts) de la récolte de cette année

Le baromètre du foin 2026, pour chevaux et poneys
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Comme chaque année, Harmonie Nutrition Équine prend le temps d’observer, étudier et analyser la qualité du foin de la saison. À chaque nouveau printemps, les conditions climatiques changent, et le baromètre des foins de l’année aussi !

La qualité du foin 2026 pour les chevaux

2026 : année aux conditions climatiques particulières

L’été 2026 est marqué par une succession de canicules et une sécheresse intense qui ont un effet désastreux sur la végétation, les sols, les récoltes, et évidemment les organismes de manière générale. Néanmoins, le début de printemps a été marqué, dans la majorité des régions, par des intempéries assez régulières qui ont permis une belle pousse de l’herbe.

Les fourrages ont été ramassés relativement tôt (même si cela reste plus tard qu’en 2025 en moyenne), et sont donc plutôt riches. La précocité de la récolte diffère selon les régions, en raison d’une météo variable. Par conséquent, beaucoup des fourrages récoltés ont subi des épisodes pluvieux (augmentant le risque de développement de mycotoxines, avec des températures plutôt hautes après récolte). Ceux ayant été fauchés plus tard (et donc théoriquement moins riches) sont donc plus secs.

Les résultats de nos premières analyses du foin 2026

Même si la saison ne fait que commencer, nous pouvons tirer les premières conclusions des nombreuses analyses de fourrage effectuées ces dernières semaines. Voici nos observations :

  • Des fourrages plutôt secs mais – en comparaison avec la récolte équivalente en 2025 – un peu moins verts et appétents dans certains cas.
  • Des taux de sucre élevés pour certains fourrages, mais globalement moins élevés que certains extrêmes relevés en 2025.
  • Des fourrages souvent un peu plus riches en énergie, mais là aussi dans des proportions moins extrêmes qu’en 2025.
  • Des taux de protéines qui restent plutôt bas, même si pour l’instant, les fourrages vraiment pauvres en protéines sont moins nombreux (mais ils existent).
  • Des taux de calcium, phosphore et magnésium plutôt corrects, avec une légère tendance à la baisse (peut-être imputable au lessivage des sols tout l’hiver ?).
  • Des taux de fer et de manganèse globalement moins excessifs que les années précédentes, très corrects pour certains, mais avec toujours quelques exceptions très hautes.
  • Concernant le cuivre, le zinc et le soufre, rien ne change, les taux sont toujours très bas, voire vraiment très bas.
Une bande herbeuse.

Observations et tendances concernant le foin de l’année

Va-t-on observer une pénurie de foin en 2026 ? À première vue, les volumes de récolte semblent corrects. Cependant, il y aura très peu de deuxièmes coupes. Certains récoltants ont donc tendance à couper plus court, ce qui peut entraîner des contaminations à la terre et beaucoup de poussière.

Il faudra donc anticiper les stocks : la repousse d’automne s’annonce difficile même pour les zones préservées, elle sera sûrement très difficile pour de nombreuses zones pâturées et parfois mises à nu (avec des conséquences en termes de développement de plantes indésirables type porcelle enracinée).

De même, les plantes toxiques et notamment le séneçon de Jacob ont pu arriver à maturité (ou en tout cas à des stades plus avancés) plus tôt et représenter, pour les parcelles non gérées, des volumes plus importants dans les récoltes. S’il est évident qu’il faut utiliser des foins sans séneçon, la réalité sur le terrain est souvent moins simple…

Encore une fois, il ne s’agit ici que de tendances générales, qui peuvent varier d’une zone à l’autre, selon la météo, les sols, les variétés de graminées, les conditions de récoltes, etc. Mais ces tendances sont précieuses pour ceux ne pouvant pas faire analyser leur propre fourrage.

Les besoins nutritionnels du cheval sont ils remplis par le foin 2026 ?

Quelles précautions prendre en fonction de vos chevaux ?

Chevaux SME ou sensibles aux sucres

Les chevaux sensibles aux sucres devront être surveillés de près encore cette année (en 2025/2026, beaucoup de chevaux qui arrivaient habituellement à maigrir pendant la période au foin sont sortis déjà très gros de l’hiver) : rappelons qu’un foin pour cheval SME ne devrait pas dépasser plus de 100 g de sucre par kilo de matière sèche (10 %).

En 2025, le taux de sucre dans les fourrages variait autour de 12 voire 16 % alors que l’on était plutôt sur une moyenne de 7 ou 8 % en 2024.

En 2026, les analyses indiquent fréquemment des valeurs entre 100 et 140 g, avec quelques exceptions au-dessus, et heureusement plus régulièrement des valeurs entre 70 et 80 g.

Attention : La restriction de la quantité de fourrage proposée peut entraîner un manque de protéines également pour ces chevaux à faibles besoins, malgré leur capacité à bien les assimiler.

Chevaux à forts besoins énergétiques

Les chevaux à forts besoins en énergie risquent d’être encore plus impactés qu’en 2025.

Le manque d’herbe précoce a mis à mal les organismes des chevaux âgés, des poulinières, et parfois de certains jeunes en les faisant puiser bien trop tôt dans ce qui devrait être leurs réserves pour la saison automne/hiver. Il faut donc compenser avec du foin (ce qui a parfois été fait un peu tard), et les foins de 2025 et 2026 sont loin de représenter les mêmes apports qu’une herbe de printemps.

On observe donc un risque de perte de masse musculaire en premier lieu, dégradation de la qualité des tissus (peau, tendons, mauvaise cicatrisation), fatigue, moins bonne synthèse de nombreuses hormones qui ont besoin d’acides aminés (qui composent les protéines), etc. Ces problématiques se cumulent parfois avec de la déshydratation ou encore un manque de mouvement.

Une complémentation en qualité et quantité plus importante qu’à l’accoutumée (c’est-à-dire une ration équivalente ou presque à la ration d’hiver) est indispensable dès maintenant, particulièrement pour les chevaux au travail, les chevaux âgés et les chevaux d’élevage.

Dans certains cas, avoir recours à un (excellent !) enrubanné peut devenir une solution pour augmenter les apports via le fourrage.

Une bande herbeuse.

Nos conclusions au sujet du foin de l'année 2026

Si l’analyse des premiers foins de l’année nous permet de partager des tendances générales, n’oublions pas de faire un point sur l’état actuel (été 2026) de l’herbe : les minéraux et oligo-éléments bougent assez peu dans les fourrages, qu’ils soient cuits sur pied ou non (donc on a toujours plus ou moins les mêmes carences et excès que l’herbe soit jaune ou verte). Toutefois, les vitamines et oméga 3 eux sont très sensibles à l’état de l’herbe.

Actuellement, il convient donc :

  • De complémenter les chevaux qui seraient encore à l’herbe, comme s’ils étaient au foin (vitamine A, E, D et oméga 3 notamment).
  • De fournir du foin aux chevaux n’ayant plus accès à l’herbe en raison de la sécheresse persistante.
  • D’adapter la ration et la complémentation des chevaux fragiles, malades, âgés, d’élevage ou de sport, afin que leurs besoins soient assouvis malgré un été 2026 éprouvant pour les organismes des chevaux comme pour les récoltes. En cas de doute, n’hésitez pas à nous solliciter pour adapter l’alimentation de votre cheval.

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