Si une majorité de nos chevaux domestiques est en surpoids avec un score corporel au- dessus de 6 sur 9, certains chevaux âgés ou au métabolisme rapide ont plus de mal à se maintenir et peuvent devenir maigres, principalement l’hiver et lorsqu’ils vivent dehors. Garder son cheval en état est alors plus difficile : pur-sang anglais (le plus rapide des métabolismes), chevaux de selle (type selle français, selle étranger), certains trotteurs et anglo-arabes, etc. ont souvent des besoins supérieurs pour conserver leur poids de forme et une musculature harmonieuse.
Pourquoi un cheval perd-il de l’état en hiver ?
Avant même de parler alimentation, il y a plusieurs points à surveiller pour permettre aux
chevaux les plus sensible de passer un hiver le plus serein possible, sans perdre ni trop de
poids, ni trop de muscles :
- Une perte d’état rapide à l’automne (ou au printemps) peut être indicatrice d’une maladie sous-jacente type maladie de Lyme, piroplasmose, ehrlichiose, anaplasmose, leptospirose (et autres maladies vectorielles), même si une prise de sang classique (NFS et biochimie) a été réalisée et qu’elle n’indique rien de particulier (ni anémie, ni augmentation des globules blancs etc.). En effet, ces maladies peuvent être quasiment asymptomatiques surtout en cas de complémentation régulière avec un CMV et lorsque le système immunitaire général du cheval est performant. Il est alors recommandé de faire une sérologie, voire un test PCR pour détecter ces pathologies.
- Les parasites intestinaux se développent souvent à l’automne avec l’humidité et les températures clémentes. Pendant l’année, une coproscopie (analyse des crottins) permettra de déterminer si votre cheval est infesté, à quel taux, par quel parasite, pour définir avec votre vétérinaire s’il faut vermifuger ou non et avec quelle molécule. Toutefois, à l’automne, certains parasites peuvent ne pas être visibles (ténias, larves de gastérophiles notamment), il est donc d’usage de conserver au moins un vermifuge chimique à cette période pour ne pas risquer de passer à côté d’une infestation.
- Un vermifuge, vaccin, traitement médicamenteux ou anti-inflammatoire, un gros épisode de stress, des quantités importantes de sucre ou d’amidon ingérées, sont autant de facteurs pouvant affaiblir la flore intestinale de votre cheval. La synthèse des vitamines du groupe B ne se fait plus correctement alors qu’elles sont responsables du métabolisme des glucides, des protéines et des lipides. Il est donc indispensable de prendre soin du microbiote de son cheval pour que les aliments soient assimilés correctement, et une cure de prébiotiques et probiotiques avant l’hiver et/ou après un événement perturbant la flore sera la bienvenue.
- Et bien sûr, un contrôle dentaire en cas de perte de poids sera primordial : mauvaise dentition = mauvaise salivation = acidification de l’estomac = mauvaise assimilation des aliments. C’est dans la bouche que commence la digestion !
Comment adapter l’alimentation pour garder son cheval en état, surtout en hiver ?
Une fois les causes ci-dessus vérifiées, et en présence d’un sujet âgé, ou ayant un métabolisme rapide, on pourra adopter différents réflexes pour garder son cheval en état en adaptant son alimentation en hiver :
Apporter suffisamment de protéines
Les besoins journaliers en protéines se situent entre 630 g et 720 g pour un cheval de 500 kg en maintenance (et bien plus si le cheval a une activité) !
Le foin apporte beaucoup moins de protéines que l’herbe (parfois moins de 70 g par kg !), il faut donc compléter les apports avec un aliment en contenant si nécessaire, même si le foin est donné à volonté. Les sources de protéines sont nombreuses (aliments du commerce avec ou sans céréales, matières brutes type céréales, sons, tourteaux, etc.) et comportent toutes des avantages mais aussi des inconvénients (trop de sucre, trop de fer, trop d’amidon etc.).
Vous pouvez nous contacter pour définir celles qui seront adaptées selon le métabolisme de votre cheval.
Fournir du foin à volonté
Les fibres créent de la fermentation dans le gros intestin, et cette fermentation dégage de la chaleur. Le foin à volonté sera donc indispensable pour limiter les pertes d’énergie à cause du froid. Pour le cheval âgé, il faudra parfois apporter des bouchons de foin pour accroître la quantité de fibres au quotidien. Augmenter de manière importante les rations de céréales ne réchauffera pas les chevaux car il s’agit d’une digestion enzymatique qui ne produit pas de chaleur, contrairement à la digestion des fibres qui se fait par fermentation.
Couvrir un cheval âgé, sensible ou immunodéprimé peut être une solution dans certains cas car les métabolismes rapides ne sont pas résistants à la leptine (hormone de satiété) et arrêtent de manger une fois leur satiété atteinte (selon la qualité du foin, les besoins en énergie et/ou en protéines pourront encore une fois ne pas être couverts même lorsque ces chevaux n’ont plus faim).
Couvrir les besoins en acides gras essentiels
Les besoins en acides gras essentiels, notamment en oméga 3, peuvent être couverts par le biais de lin extrudé ou d’huile de lin. Pourquoi sous cette forme ? Parce que la graine de lin crue n’est pas digérée, et la graine de lin cuite perd ses apports en oméga 3. Le lin est également une bonne source de protéines et permet un bon fonctionnement du système immunitaire.
Couvrir les besoins en vitamines, minéraux et oligo-éléments
Ces éléments ont tous un rôle précis dans la santé du cheval. Il faudra donc faire en sorte de
couvrir les besoins du cheval :
– En zinc pour un bon système immunitaire (qui dit infection, maladie, virus, dit souvent perte d’état corporel) et la bonne structure des protéines
– En vitamines B si la flore intestinale n’est pas assez performante car sans elles l’assimilation des protéines se fait mal
– En vitamine E qui permet entre autres de conserver l’intégrité des muscles
– En vitamine D pour l’absorption du phosphore et du calcium et l’intégrité des tissus
– En vitamine A (lorsque le fourrage n’est pas assez vert) pour la maintenance des tissus et du système immunitaire.
– En acides aminés essentiels : lysine pour la structure des protéines et le développement musculaire, méthionine pour les articulations et la bonne croissance du poil à cette période.
Cette liste n’est pas exhaustive mais reprend les éléments indispensables au maintien en état de votre cheval.
CONCLUSION :
Si votre cheval va bien, n’a pas de maladie, pas de problèmes de dents ou de flore intestinale, du foin à volonté, et qu’il maigrit de manière significative à l’arrivée de l’hiver, le manque de protéines de qualité sera probablement la cause principale de sa perte d’état.
Selon son âge, le métabolisme, la race, les besoins en protéines peuvent être décuplés et ne doivent pas être sous-estimés chez les chevaux qui ne pourront que rarement être nourris uniquement au foin et CMV pendant l’hiver.

Salut ! Si je comprends bien, faire d’abord une cure de probiotique ?
Après plus de protéines (les bouchons de foin apportent plus de protéines ? Ça dépend de la qualité j’imagine ?)
Merci pour ce super article 😊
Bonjour,
Il faut s’assurer de plusieurs choses en parallèle oui 🙂
Si l’apport en protéines est théoriquement ok, alors c’est qu’il y a un souci d’assimilation.
Une cure de probiotiques lors de la transition herbe/foin est toujours une bonne idée malgré tout.
Les bouchons de foin sont simplement un apport supplémentaire en fourrage, ils ne feront pas un aussi bon apport en protéines qu’un aliment bien étudié et plus riche en protéines par nature, et ils sont bien souvent très riches en fer donc à moins d’un cheval âgé qui ne peut plus manger de foin, ils n’ont pas grand intérêt dans une ration.
N’hésitez pas à nous envoyer un mail si vous avez besoin d’informations pour votre cheval.
A bientôt !
Mathilde