Glands, châtaignes, noix, noisettes… Quels risques pour le cheval ?

Un cheval mange sous un chêne, sans tenir compte du risque lié aux glands.
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Les canicules sont derrière nous, l’été a apporté son lot d’avantages… mais aussi de désagréments. L’eau manque, on prie pour qu’elle tombe du ciel, mais tout ce qu’on voit tomber pour le moment, ce sont les glands ! Il y a un chêne, un châtaignier, un noisetier ou encore un noyer dans votre pâture et vous vous demandez si les fruits de ces arbres présentent un risque pour votre cheval ? L’automne est le bon moment pour se pencher sur cette question.

le risque de l'ingestion de glands par le cheval

De tous temps, les chevaux ont eu accès à des glands : pourquoi s’en inquiéter aujourd’hui ?

Nous connaissons tous un cheval qui a vécu 10, 20 ou 30 ans sous un chêne sans aucune conséquence. Et pourtant, nous avons aussi de nombreux exemples qui démontrent que, du jour au lendemain, il peut s’intoxiquer. Alors pourquoi maintenant – notamment à l’automne 2026 – et pas avant ?

  • Parce que les tanins sont plus concentrés que d’habitude. C’est cette concentration en tanins qui est responsable de l’intoxication. Plus les glands sont verts, plus ils en sont chargés. Or, la sécheresse met l’arbre en souffrance, ce qui fait chuter précocement les glands au moment où leur taux de tanins est particulièrement élevé.
  • Parce que le foie du cheval n’a pas réussi à éliminer la dose de poison cette année (à force de le gérer tous les ans).
  • Parce que l’estomac (et le système digestif complet) n’a pas supporté le volume consommé (il faut imaginer un cheval qui mangerait l’équivalent de plusieurs seaux de granulés entiers, secs …).
  • Parce qu’un individu moins résistant à rejoint le troupeau.
  • Parce que, tout simplement, le métabolisme n’a pas (plus) supporté.

Le fait qu’il n’y ait eu aucun souci pendant des années n’est jamais un gage de sécurité.

Certains chevaux sont de véritables sangliers, d’autres pas du tout (et certains se révèlent sangliers un beau jour, sans que l’on sache précisément pourquoi).

Comment la toxicité des glands se manifeste-t-elle chez le cheval ?

Quels sont les risques d’une ingestion de glands par le cheval ?

En cas d’ingestion de glands, les deux risques principaux sont

  • La colique
  • L’intoxication

Si ces pathologies (associées ou non) ne sont pas prises à temps, c’est le décès assuré pour l’équidé concerné.

Quelle quantité de glands est mortelle pour un cheval ?

Malheureusement, il y a très peu d’études fiables (pour ne pas dire aucune) à ce sujet.

On connaît le mécanisme d’intoxication aux tanins et l’impact sur le foie, les muqueuses digestives, etc., mais chaque cheval possède sa propre sensibilité (le poulain de 6 mois, l’adulte de 10 ans et la mamie de 30 ans n’ont pas du tout la même capacité à encaisser !) et la teneur en tanins étant variable et pas quantifiable d’une année sur l’autre, il n’y a aucun moyen de le savoir réellement.

Bien entendu, un cheval qui mange une dizaine de glands ne va pas en mourir, mais pour le poulain de 6 mois qui en mange 30 très concentrés en tanins alors qu’il n’était déjà pas très en forme à la naissance, les conséquences peuvent être néfastes, voire catastrophiques.

Donc la seule réponse sera celle du bon sens : Il faut que le cheval consomme le moins de glands possible, sur la durée la plus courte possible (car 30 glands sur une journée ou 10 glands par jour pendant 2 mois, ce n’est encore pas la même chose).

Quels chevaux sont les plus touchés par l’intoxication aux glands ?

On connaît rarement l’état réel du foie (ni des organes de manière générale d’ailleurs) de notre cheval. La phrase (ressortie dans plusieurs commentaires à notre grand désespoir) qui consiste à dire qu’ils en mangent depuis des années sans souci ne peut pas être prise comme une vérité : peut être qu’un jour ce sera la fois de trop, le gland de trop. Peut-être pas.

L’âge, l’immunité, la sensibilité de chaque cheval entrent bien sûr en ligne de compte.

Les témoignages sont assez nombreux sur le sujet pour savoir que personne n’est à l’abri, aussi fortes soient les certitudes de ceux qui ont « toujours fait comme ça » (et qui ont eu de la chance… jusque-là).

Une bande herbeuse.
Les châtaignes, noix et noisettes présentent-elles les mêmes risques que les glands ?

Qu’en est-il des noix, noisettes et châtaignes ? Sont-elles également toxiques pour le cheval ?

Les châtaignes, comme les glands, sont riches en tanins (même s’ils sont moins concentrés), mais également chargées en amidon. Pour cette raison, elles peuvent être la cause de fourbures, d’intoxications, de coliques, etc.

Si quelques châtaignes ne poseront aucun problème à notre grand selle-français en bon état de forme, une quinzaine de beaux et gros fruits pour notre Fjord sensible à la fourbure peut vite être problématique. Et qui que soit le cheval, les tanins seront toujours toxiques pour lui en grande quantité, donc le risque ne doit pas être minimisé.

Concernant les noix, le risque vient surtout des coques, dures, pas du tout adaptées à la mastication d’une bouche de cheval. Certains arrivent à casser la coquille et ne manger que la noix, mais d’autres avalent tout et niveau digestion, c’est autre chose que des fibres !

Pour les noisettes, la logique est exactement la même.

Quelles sont les bonnes pratiques pour éviter l’intoxication de nos chevaux ?

Au bout de combien de temps peut-on remettre des chevaux sur une parcelle pleine de glands (ou autres) n’ayant pas été ramassés ?

En principe, après plusieurs lessivages, une fois le fruit partiellement dégradé, le risque est censé être moins important. Un gavage ne sera toujours pas souhaitable : rappelons que c’est la quantité qui fait le poison.

Un second risque apparaît à ce moment-là : celui des mycotoxines.

Lorsque les glands, châtaignes et noix (ces dernières sont particulièrement connues pour entraîner des intoxications chez les chiens également) se décomposent, des champignons microscopiques se développent, et relâchent des mycotoxines dont l’impact peut vite être dramatique sur la santé des chevaux.

On conseille donc d’attendre un maximum qu’ils soient bien dégradés, ou (si c’est possible bien sûr) les ramasser au fur et à mesure pour les éliminer (sans laisser accès aux chevaux tant qu’il en tombe).

Que faire lorsque les gérants de pension ne prennent pas le sujet au sérieux ?

Si les responsables de votre pension minimisent les risques, n’hésitez pas à mettre à leur disposition des ressources fiables d’information : le RESPE, l’IFCE et d’autres instances reconnues ont fait des communications à ce sujet.

Même s’il en va de leur responsabilité, entre la théorie et la pratique il y a parfois un monde et les ressources en temps peuvent manquer, donc si vous vous sentez bien dans cette pension, vous pouvez essayer de prendre en charge des clôtures mobiles, batteries solaires pour mettre l’électricité, vous grouper avec les autres propriétaires pour gérer vous-même la situation, et toujours privilégier le dialogue.

Certaines parcelles sont bordées de chênes, d’autres sont en plein milieu. C’est certes très compliqué à clôturer, mais il y a toujours des solutions.

Il faut essayer de ne pas tomber dans la psychose s’il y a un chêne pour 50 chevaux (auquel cas un ramassage quotidien est peut-être envisageable ?), mais s’il y a beaucoup de chênes en accès libre, il faudra peut-être envisager des décisions plus radicales par précaution.

cheval-arbre

Quid de l’effet vermifuge des tanins sur les chevaux ?

Si l’effet vermifuge est effectivement l’une des propriétés des tanins, le mécanisme est complexe (les tanins se lient aux protéines des parasites, mais pas que : aux protéines de manière générale). Les risques associés sont bien trop importants et les garanties d’efficacité beaucoup trop faibles pour que ce soit un moyen de régulation du parasitisme utilisable.

Une bande herbeuse.

Comme toujours ou presque, il n’y a pas de réponse toute faite lorsqu’il s’agit des chevaux et de la nature.

La meilleure réponse est celle du bon sens :

  • Ne pas surestimer les risques et tomber dans la psychose (trois glands ne tueront pas un cheval en bonne santé), mais SURTOUT ne pas les sous-estimer (parce que dans la réalité, ils en mangent rarement 3) !
  • Se rappeler qu’il peut ne pas y avoir beaucoup de glands au sol parce que les chevaux les ont déjà mangés, et qu’ils sont tout à fait capables aussi de les attraper bien verts dans les arbres.
  • Garder en tête que même moisis et lessivés par l’hiver, glands, châtaignes et noix sont dégradés entre autres par des champignons et qu’une trop grande quantité ne sera jamais bonne.
  • Ne pas oublier que les chevaux sont des animaux fragiles malgré leur stature, et qu’ils ont le chic pour se mettre dans des situations désagréables (et nous avec).
  • Enfin, ne pas admettre la justification « on a toujours fait comme ça » : il y a trop de contre-exemples et de décès chaque année pour que ce soit valable.

Et enfin, deux précautions valent mieux qu’une : si vous avez un doute, écoutez-vous !

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